Shooting avec ma grand-mère de coeur

Il y a quelques temps, j’ai été sollicitée pour une séance photo avec une dame que j’ai considérée comme ma grand-mère lorsque j’étais enfant. Les hasards de la vie ont fait que nous nous sommes perdues de vue, mais elle est toujours restée dans mon coeur. Aussi, c’est avec joie et non sans émotions que j’ai accepté lorsque ses enfants m’ont contactée pour lui offrir un shooting en guise de cadeau d’anniversaire. Le chemin est un peu long pour rejoindre sa maison depuis Paris. Elle vit à la campagne, près de la nature.

Elle ouvre la porte et soudain, les souvenirs me reviennent d’un coup. Cela fait environ 20 ans que nous nous sommes pas vues, et j’ai l’impression que c’était hier. L’émotion me prend à la gorge. J’avais retrouvé ma Mémé. Elle n’a pas changé. Sa voix est toujours la même, elle m’appelle encore « Ma petite Hélène », bien que je la dépasse en taille de beaucoup, maintenant. Elle m’attrape le visage pour me faire des bisous bruyants sur chaque joue, comme elle a toujours fait avec ceux qu’elle aime.

Je tourne la tête et sur la gauche, je vois un cadre où je reconnais ses petits-enfants, qui figurent chacun sous forme de portrait individuel. Je ne sais pas exactement comment elle a fait, mais elle a trouvé une photo de moi, jeune adulte. J’étais dans ce cadre au même titre que les autres, malgré l’absence de lien de sang entre nous.

Je suis venue en raison du shooting, mais finalement, d’abord pour la revoir. Nous parlons beaucoup. Je découvre une autre Mémé, qui me parle de sa vie de femme, de sa jeunesse. Je n’en perds pas une miette. Elle est tellement drôle et vive. Ses anecdotes me plongent dans un autre temps.

Le lendemain, nous faisons tranquillement la séance photo. Je lui demande de me parler naturellement. C’est ce qu’elle fait en arpentant doucement sa maison pour m’expliquer mille et un détails. Surtout, il y a son jardin qu’elle aime tant. Avec l’eau qu’elle laisse dans de grands récipients en terre pour permettre aux oiseaux de venir se rafraîchir.

Elle me dit tristement, mais avec douceur, que son état de santé ne lui permet plus de jardiner comme elle le voudrait. Mais elle continue bien sûr, autant que ses forces le lui permettent.


Je repars le coeur rempli d’émotions.

J’ai retrouvé ma Mémé.