Shooting portrait individuel de G. (Paris)

Lorsque j’ai commencé la photographie, j’ai instinctivement été attirée par des modèles féminins, dont le physique, l’énergie et l’âme, m’ont tout de suite inspirée pour construire mon univers artistique. J’avais envie de les amener à être totalement elles-mêmes, pour révéler leur beauté naturelle et profonde. Le féminité était pour moi un sujet évident. Je connaissais l’image que j’en avais et la façon dont j’avais envie de la mettre en scène. Il en était tout autrement du sujet masculin. Comment mettre en scène l’homme sans le caricaturer? Notre imaginaire est tous les jours bombardés d’images outrancières du féminin et du masculin. En tant que femme, il m’est beaucoup plus simple de replacer la féminité dans son authenticité. Mais pour les hommes, j’arrivais comme un agent extérieur.

J’ai donc demandé à un ami de longue date de me servir de modèle, pour m’entraîner à cerner cette mystérieuse masculinité, à mi-chemin entre le super-héros sans doute et sans reproche, et l’homme objet, « féminisé ». Nous nous retrouvons à son appartement.

La séance commence par une longue discussion pour m’aider à comprendre. J’interroge G. sur son statut d’homme, son ressenti, ses expériences, son rapport au sexe opposé. Ces questions nous mènent sur des chemins de conversations que nous n’avons jamais eues auparavant, bien que notre relation date de plusieurs années maintenant.

Au bout d’un moment, nous nous sentons prêts, l’un et l’autre, à commencer le shooting. Les barrières sont tombées, nous pouvons commencer par des portraits simples, à nu. Dans le regard, encore une lueur d’interrogation, de quelqu’un qui se cherche.

Ensuite, je le laisse revêtir l’armure de l’homme moderne: le costume de l’homme actif et successful. Un conquérant.

Il se prépare comme pour aller au combat. Car c’en est un. Il en ferait presque peur.

Mais sous l’armure, l’homme. Celui qui doute de l’intérêt du jeu et se demande s’il n’en est pas un peu prisonnier. Et celui qui a envie de rire, comme lorsqu’il était enfant.

Un autre « costume », celui de l’homme à moitié nu. Oui, pour moi, il s’agit bien d’un costume.

Merci G., pour cette séance de travail fort utile sur le masculin 🙂 J’ai la sensation que ce fameux masculin n’est pas très bien défini, qu’il est à mi-chemin entre toutes ces figures, et bien d’autres encore.